Évocation
Ma première transcription d’Iberia fut, naturellement, Évocation. Après quelques tentatives infructueuses dans la tonalité de la mineur (l’original étant en la bémol), je me décidais pour le ton de sol. Une guitare est munie d’une scordature en sol, ce qui donne l’accord ouvert ré sol ré sol si mi. Or cet accord n’est autre que l’accord de sixte ajoutée cher aux impressionniste, qui termine -qui signe pourrait-on dire- le premier morceau d’Iberia et le nouveau style d’Albeniz. Avec cette guitare et l’autre munie d’un accord normal, je pouvais obtenir une sonorité pleine et subtile à la fois, riche, profonde, avec ce pianissimo ma sonoro, cette présence lointaine qui est l’essence de la poésie ibérienne, si merveilleusement fragile et si difficile à rendre d’ordinaire.
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