Artisan, bis

Le modèle du musicien classique, c’est Haydn. Joseph Haydn qui, en 1791, a l’audace de répondre à l’invitation de l’impressario Salomon, lui même musicien ; et quitte sa position avantageuse de musicien attaché au prince Esterhazy pour s’aventurer à Londres.

Haydn accepte les termes du contrat suivant : il s’engage à faire le voyage à Londres pour y diriger vingt concerts, comportant chacun une première audition d’une œuvre de lui. De plus, il devait composer un opéra pour l’impressario Gallini et six symphonies pour les concerts Salomon. Il recevrait trois cents livres sterling pour l’opéra, autant pour les six symphonies, deux cents pour le copyright, deux cents pour sa participation aux vingt concerts et deux cents de garantie sur les bénéfices.

À la création de la symphonie n° 104 lors du second voyage à Londres en 1795, Haydn pouvais noter dans ses carnets : « une nouvelle symphonie en ré, la douzième et dernière des anglaises… L’auditoire était très satisfait, et moi aussi. Cette soirée m’a rapporté 4000 florins. Une telle chose n’est possible qu’en Angleterre ». La pension annuelle qu’Haydn touchait alors de la famille Esterhazy était de 1000 florins.