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Lors d’un congrès de téléphonie mobile, le président et directeur de la Warner, Edgar Bronfman a reconnu sur scène que l’industrie de la musique n’avait pas eu la réaction qui convenait face aux changements des usages de ses clients :

Nous nous sommes trompés… nous avons cru que notre contenu se suffisait à lui-même. Nous avons pensé que notre business ne serait pas affecté par le monde de l’interactivité, de la connexion permanente et du partage de fichiers. Nous avons eu tort, comment ? En restant immobiles ou en avançant trop lentement, nous sommes rentrés en guerre avec les consommateurs en refusant de voir ce qu’ils désiraient et le résultat est qu’ils ont gagné.

Le consommateur est roi donc. Le nouveau roi. Un roi confondu avec ses sujets, les “producteurs de contenu”. On eût dit jadis les musiciens, les artistes, les interprètes, les compositeurs. Mais ce serait aujourd’hui un abus de langage. Reste à choisir les termes appropriés et à s’entendre sur les définitions. S’il n’y a plus finalement ni roi ni sujet, si le régime démocratique n’en finit pas de s’étendre, prenons le pari à cent contre un que la distance entre le public et les musiciens finira de se combler dans les meilleurs délais. L’internet est le règne de la sociabilité amicale généralisée, de la tape dans le dos, du bien être à tu et à toi. D’autres le regretteront, ailleurs. Ici on s’en réjouira.